Fête du Livre Perché
26 et 27 Mai 2018
Mostuéjouls


Le chemin.
       Il n'y a pas si longtemps, il était partie intégrante de la vie rurale, pour n'importe quelle activité quotidienne. Il est parfois difficile, surtout pour les enfants de faire ressurgir cette époque où l'on allait aux champs, à la source, au village voisin, et bien sûr à l'école, souvent lointaine, à pied, en empruntant les chemins. Il en reste des échos dans les récits des grands-parents évoquant les générations qui les ont précédés, mais ils s'apparentent aux contes et aux histoires d'antan. Et voilà qu'aujourd'hui, les marches harassantes dont nos ancêtres se seraient volontiers passé redeviennent incontournables pour des citadins trop sédentaires, tant la pression de la mode est forte.  
Mais désormais, il faut aller vite. Et même, lors des loisirs où on pourrait "cheminer" tranquillement, beaucoup préfèrent la course à pied, à VTT, à moto…Les chemins, réhabilités, entretenus par des amoureux de la nature sont mis à rude épreuve. 
       On semble bien loin de l'image poétique du chemin : celui qui serpente entre des murets, des haies vives, le long d'une rivière, entre les pins des Causses… Impossible d'énumérer tous les chemins. Chacun a les siens. Ils sont associés à des paysages, à des saisons. Ils rappellent des sensations tactiles, des odeurs, des bruits, et même des goûts. Tous les sens sont concernés. Leur seul souvenir éveille des résonances et des correspondances. 
       Le chemin peut aussi être synonyme de découverte et s'auréoler de mystère. Il mène vers un lieu qu'on ne connaît pas nécessairement, vers lequel on se dirige avec inconscience, gourmandise ou appréhension. Les personnages des contes et de nombreux récits courent ainsi vers leur destin. 
       Le chemin nous entraîne donc bien loin. Et que dire si on le fait suivre d'un nom ou précéder d'un verbe. Quelqu'un "suit son chemin" tandis qu'un autre "passe son chemin" et un troisième "prend un chemin de traverse". Et des personnalités s'esquissent. L'enfant ne peut éviter "le chemin de l'âge adulte" pas plus que l'adulte "celui du vieillissement" et "de la mort". Et si l'on évoque" "les chemins de la gloire" ou "de la réussite", ce sont des parcours prestigieux qui se profilent . Malheureusement, ceux qui prendront "le chemin de l'exil" ne connaîtront sans doute pas les mêmes. Avec "le chemin de l'amour" ou de "l'amitié", des pans de vie se devinent. Et si l'on souhaite que soit pris "le chemin de la paix" ou de "la justice", on s'engage pour un monde meilleur. On peut aussi rêver des "chemins de la poésie" ou "de l'art." On ne peut tous les emprunter, là aussi chacun a les siens, certains choisis, d'autres imposés.  
Le chemin n'aboutit donc pas uniquement à un lieu, dans l'espace. Il peut concerner un sentiment, un état, un idéal, un domaine… 
       C'est sur le chemin de la lecture que Le Livre Perché veut entraîner ceux qui croient ne pas aimer les livres et ceux qui les aiment déjà.